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Le post-traitement et la retouche
"Des photos, ce ne sont que des photos... L'important n'est pas ce que l'on voit ni ce qu'elles représentent, l'important c'est de les rendre esthétiques, artistiques pour imaginer, rêver. Le contenu est important bien sûr, mais le post-traitement le devient aussi. Il faut d'abord réussir la prise de vue : bien définir le cadrage que l'on souhaite, l'exposition (la lumière) doit être bonne pour pouvoir ensuite avoir une amplitude d'utilisation large. Enfin, la netteté doit être irréprochable. A partir de ces trois éléments, on fait son choix. On regarde quel traitement apporter pour l'effet que l'on voudra restituer au lecteur, quelle ambiance, quelle atmosphère... Le post-traitement n'est pas toujours nécessaire. A condition de composer son ambiance avant et de le travailler à la prise de vue afin d'optimiser le résultat souhaité au final. Mais c'est un moment du travail photo que j'aime pratiquer, au même titre que la prise de vue. Et sur certaines images, je suis surpris de ne presque pas jouer avec les curseurs !"
Le post-traitement des images est une étape importante et obligatoire.
La prise de vue professionnelle étant faite en fichier "RAW" non exploitable en tant que tel. C'est un fichier numérique contenant toutes les données, mais non visible sans conversion : "dérawtisé". Même l'appareil photo opère un traitement (logiciel intégré) de son propre RAW pour pouvoir le visualiser sur l'écran arrière. La photo visible sur l'écran du boîtier pourra donc être différente de celle visible depuis l'ordinateur avec un autre logiciel (Adobe Lightroom pour ma part).
Il faut faire obligatoirement un traitement pour obtenir une sortie JPG (compatible tous supports numériques) ou TIFF (très haute résolution pour des impressions de grandes dimensions). Ce traitement permet de corriger tous les paramètres de l'images : profondeur du noir, éclat du blanc, colorimétrie, "débouchages de parties ombrées mais aussi l'élimination du bruit numérique, la suppression des imperfections (poussières sur l'objectif dans un ciel bleu par exemple) et bien entendu le recadrage. On peut même effacer certaines zones indésirables et se faire aider de l'IA pour "réparer" ces imperfections. L'action d'un curseur de traitement pourra intervenir sur toute l'image ou uniquement sur une sélection. L'avantage de ce traitement c'est qu'il est non destructif et reversible.
Bien entendu, la puissance du logiciel combinée au progrès des fichiers RAW sortis des boîtiers permet un traitement très poussé qui pourra parfois sembler excessif, mais qui offre au photographe la permission d'exprimer sa créativité et son souhait final comme il l'entend. N'en déplaise aux "puristes" qui veulent absolument retrouver une image plutôt proche d'une réalité visualisée. À chacun de se faire son opinion.
Ne pas confondre post-traitement et retouche.
La retouche, c'est plutôt à l'aide d'un logiciel différent comme par exemple Adobe Photoshop pour rester dans la même gamme, mais bien entendu il en existe d'autres. Photoshop permet des superpositions d'images, l'ajout de filtres et de textes. Il donne la possibilité de composer une image à partir de plusieurs photos ou de fichiers numériques pour les exploiter autrement. Orienté création, pour des flyers, des affiches ou des illustrations spécifiques. C'est un complément facultatif qui entre dans un autre flux de travail. Contrairement à Lightroom la sortie d'un psd (fichier de travail de Photoshop pouvant être exploité pour des modifications ultérieures et retrouver le niveau de base) vers un jpg sera dégradée par rapport aux originaux puisqu'on utilise au départ un jpg la plupart du temps. Exception faite de l'utilisation du TIFF ou éventuellement du RAW puisque Photoshop utilise aussi un dérawtiseur intégré (qui est le même que Lightroom) à savoir Camera Raw.
Pour conclure, ces deux outils sont complémentaires et offrent de multiples possibilités pour travailler les photos. Même si le post-traitement avec Lightroom semble aller plus loin qu'un simple "ajustement" et offre aussi des outils qu'on pourrait apparenter à ceux des retouches (effacement, vignettage, remplacement, outils de traitement partiels, intégration de l'IA) son utilisation reste très inférieure à Photoshop pour des "manipulations" plus "libres".
A gauche, le "RAW" du boîtier interprété part Lightroom, et à droite après traitement et recadrage. L'objectif n'étant pas de rechercher à coller à une réalité subjective. A gauche, l'image est sous exposée et n'exprime pas non plus la "réalité" visuelle au moment de la captation. Ma recherche, c'est plutôt de retrouver de la luminosité, de sublimer la coiffure et rendre de l'éclat au regard. Au final, c'est une interprétation que j'ai décidée et que je souhaite voir. Je termine par un léger recadrage afin d'éliminer deux éléments indésirables et rapprocher le portrait.


A gauche, le "RAW" du boîtier interprété part Lightroom, et à droite après traitement et recadrage. On voit bien qu'ici le post-traitement rend toute sa force à l'image. La vision de l'œil est plus proche de celle traitée que de celle restituée artificiellement par le boîtier qui interprète les pixels suivant sa logique algorithmique. A moins de compenser artificiellement à la prise de vue le manque de luminosité en premier plan à l'aide de flashs, mais dans ce cas le soleil risque de ne pas avoir sa densité naturelle non plus. Un compromis des réglages de base permet une souplesse du shooting et le post-traitement va rendre sa superbe à ce soleil couchant. Encore une fois, même si le but recherché n'est pas la restitution "réelle" mais bien l'interprétation que je veux lui donner.


A gauche, le "RAW" du boîtier interprété part Lightroom, et à droite après traitement et recadrage. Encore une fois, le post-traitement redonne au ciel sa puissance, avec des nuages contrastés. Les façades des maisons sont plus lumineuses et la scène est rendue plus dynamique grâce aux différents curseurs du logiciel, sans aller vers du traitement poussé de type HDR. Même si on constate des différences de teintes, ou plutôt des "corrections".
A gauche, le "RAW" du boîtier interprété part Lightroom, et à droite après traitement et recadrage. Un dernier exemple qui permet de mettre en avant l'effet de mise en valeur d'une image plutôt terne et sans relief peu d'ajustements : tonalité, saturation, tons clairs et vignettage. Post-traitement que je qualifierais de base suite à une légère surexposition restituée par le RAW lors de l'importation dans le logiciel.
Ici ce n'est pas du traitement, mais bien de la retouche, voire même de la restauration, à partir d'un scan (TIFF) d'une photo ancienne et dégradée. L'idée c'est de s'approcher de l'original sans toutefois dénaturer ou "moderniser" la photo de base. Je précise que toute le travail a été réalisé en 2018 avec Photoshop uniquement. Aujourd'hui c'est devenu presqu'un jeu d'enfant avec les progrès des logiciels et l'assistance de l'IA.